Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 17:20

 

421058_10150552631136314_697651313_9388872_2058969-copie-1.jpg

 

Au petit matin (enfin je mythone il était un peu 12h00, mais bon...) je suis partie cahin caha vers ma librairie, cheminant tel Casimir en mode cow-boy asthmatique (je suis à deux semaines d'accoucher les gars, et j'ai la grâce d'un vomi frais sur le bitume).

Emmitouflée dans une solitude délicieuse (oui ça fait du bien d'être de temps à autre complètement seule) (je peux être ours des fois), je suis allée faire quelques petits achats-bouquins que je fais toujours noter scrupuleusement dans une carte de fidélité parce que je le vaux bien et puis parce qu'au bout du compte quand t'as dépensé pleins de sous ils te refilent une remise, certes il ne vaut mieux pas calculer la somme totale des dépenses ayant permis cette réduction somme toute modeste, mais c'est toujours agréable de payer 4 livres pour le prix de 2.

Dans mes acquisitions du jour, un livre dont j'attendais sa version poche, patiente tel le guépard à l'affût de la gazelle (c'est patient non un guépard ?) : il s'agit de "Femmes de Dictateurs" de Diane Ducret. Je peux te dire que ma solitude et moi on était fort content de le trouver, on aurait presque fait un pas de danse si on n’avait pas les jambes gonflées comme des châteaux gonflables de parc d'attraction minable.

Soudain j'ai été distraite par une cliente, moi je suis comme çà je laisse trainer l'oreille, c'est mon côté CIA, et surtout quand je sens que ça va être drôle (enfin drôle tu en jugeras par toi même mais moi ça m'a fait rire).

 

-La cliente s'adressant à la vendeuse: "Mabanckou - Bonjour!" (lancé avec un accent à la Valérie Lemercier dans les Visiteurs)

 

(Je ricane)

 

- La vendeuse qui semble être une stagiaire: "pardon?"

 

- la cliente: « oui je cherche un livre de Mabanckou, c'est un auteur français mais il est noir comme il se plait à le dire! » fanfaronne t'elle...

 

(Et oui, nous avons affaire à une belle perle des libraires, bon déjà et d'une si je ne me trompe pas ce mec il est d'origine congolaise, mais même s'il était né à Perros Guirrec, ce serait du pareil au même, je sens qu'on a du niveau là, je continue de tendre l'oreille...

 

- la vendeuse: "Quelle référence vous recherchez?"

 

- La cliente qui a un bonnet en poil de rat gris, ou autre animal gris: "un poche"

 

(Je re-ricane face à la précision de la cliente)

 

- la vendeuse:"non mais quel titre ?"

 

- La cliente balance le titre et enchaîne " vous savez il est extraordinaire cet auteur, il est passé à la grande librairie, vous connaissez, c'est FORMIDABLE comme émission, vous savez  NOUS ON REGARDE QUE LA 5 VOYEZ-VOUS!!!!"

 

Elle parle plus fort maintenant, et je me dis que c'est peut-être François Damiens qui fait une caméra cachée, je la regarde bien, non c'est bien une dame qui ne regarde que la 5 et qui parle comme Valérie Lemercier dans les Visiteurs.

 

Bon je vais arrêter de faire les dialogues, mais la dame au bonnet gris de poil de loutre, ou autre animal gris, a enchaîné connerie sur connerie dans des sons qui partaient dans les aigus. La vendeuse, quant à elle, a fait que non elle ne connaissait pas l'émission de la grande librairie, ce qui excuse prends moi pour une grosse snob et dieu sait que je ne suis pas non plus une fan absolue de cette émission, mais pour une libraire, ou une libraire en devenir, ignorer la presque unique émission littéraire du petit écran c'est un peu pousser mémé dans les orties. Soudain se rapproche une autre stagiaire avec une vilaine acné rebelle "Y'a une cliente qui veut savoir où se trouve le livre "Le parfum", tu connais cte bouquin ? " et là l'autre stagiaire fronce les sourcils révélant sa méconnaissance de Jean Baptiste Grenouille et tape vigoureusement sur son ordinateur. Et d'une perle, deux perles, trois perles...

 

Bon OK peut-être que ce ne fera rire que moi, mais ce matin (ok ce midi), ça m'a fait ricaner moi et ma délicieuse solitude ponctuelle.

 

Sinon j'ai acheté trois autres bouquins que j'avais gardé au chaud, et en gros je tape moyennement dans la littérature  confortable et molle de chambre de maternité, je me suis dit que si je coince neuronalement, je pourrai toujours dire à mon mari d'aller me chercher le dernier  Grazia dans le hall de la maternité. Je vais quand même glisser ses bouquins dans ma valise entre le sèche-cheveux (épisiotomie?) et les slips jetables (la délivrance et la grossesse s'accompagnent de toute une nuée de mots glamour que je suis désolée je ne t'épargne pas) (Ronsard, et mignonne allons voir si la rose, et donc ami poète passe ton chemin.)

 

En attendant je suis là à te raconter des inepties alors que je devrais de parler des autres bouquins ou BD que j'ai lu dernièrement, mais c'est tout moi, plus je suis en retard, plus je me mets en retard, comme dirait l'autre...

 

Voici les bouquins lus, et qui attendent leur jugement dernier (en toute humilité):

 

P2170342



Et sinon toi ça va mon très cher lecteur de l’ombre ?

 


Ton opinion de lecteur de l'ombre - D'autres lecteurs de l'ombre
Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 11:40

  2012-02-11-12.06.02.jpg

 

Le livre qui dit Fuck you, fuck you very very much à Charles Dantzig.

Il y a des livres qui font écho à d'autres. Tu les mets côte à côte et ils se répondent voir se défient sur un point qu'ils ont en commun, et c'est pourtant le hasard qui m'a fait se chevaucher ses lectures.  D'un côté "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", et de l'autre Charles Dantzig avec son "Pourquoi lire?", le premier donne des réponses, des claques au deuxième en allant puiser dans l'évidence, l'empirique, l'émotion de l'acte de lire, tandis que Charles Dantzig malgré un thème alléchant s'est quand même globalement contenté de me prendre le chou en allant cherchant dans le compliqué quand on peut faire simple, mais là on ne va pas entrer dans le thème du snobisme littéraire qui met en mode ON mon syndrome de Tourette, du coup je reviendrai sur lui ou sur les Chloé Delaume qui vomissent de la bile verte comme dans l'exorciste quand on associe le mot littérature à divertissement dans un autre billet. Bref je reparlerai de cette condescendance nombriliste de certains auteurs qui mettent un intérêt évident à me sortir par les trous de nez, et provoque en moi un tsunami de vilains mots dont je détiens un large répertoire.

 

Si tu le veux bien attachons-nous pour l'instant à ce petit bijou de livre qui fait du feu de cheminée dans ton coeur.

 

Londres panse encore ses plaies, la vie reprend petit à petit dans ce monde hébété au lendemain de la seconde guerre mondiale, on est en janvier 1946 et Juliet Ashton écrivain émérite reçoit une lettre d'un membre d'un mystérieux cercle littéraire depuis l'île de Guernesey: le cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates. Guernesey est une île qui a souffert terriblement de l'occupation allemande, et franchement j'ai honte d'admettre que même si cette île se situe à quelques vols d'ailes de mouettes de là où je vis, et bien j'ignorais ce pan de l'histoire. Vis ma vie de grosse niaise de l'histoire qui voyait Guernesey comme une petite île peinarde, plutôt épargnée des guerres du 20°s, j'imagine une île avec des maisons de granit et de colombage, des ajoncs, des hortensias et une bruyère odorante, un petit bout d'île qui se dresse au milieu de la Manche, couloir de mer qui nous sépare du Top Shop et de l'odeur de curry que j'adore du métro Londonien. Pas plus, tu vois... 

 

Donc revenons en à ce cercle littéraire qui est né à cause d'une histoire de de cochon rôti dégusté en cachette de l'occupant. Pris sur le fait des habitants de l'île vont inventer et prétexter un cercle littéraire qui va leur sauver la peau des fesses. Par souci de cohérence face à leur mensonge, ils vont se tenir à ces réunions littéraires (approuvées par l'occupant) formées par un groupe hétéroclite qui n'avait pour la grande majorité aucun intérêt pour la littérature et découvriront petit à petit les bienfaits de la lecture.

Une fois la guerre terminée s'instaure donc une correspondance avec Juliet et les différents membres du cercle, correspondance qui tombera à pic afin d'alimenter l'article dont la charge le Times en ce qui concerne les vertus philosophiques de la lecture, car Juliet pêche sur le sujet "jusqu'ici, mon unique argument est que la lecture vous empêche de devenir gaga".  La correspondance va lui donner de très beaux éléments de réponse ainsi qu'une magnifique leçon de vie. Effectivement on est dans un contexte de guerre, les bienfaits de la littérature s'en trouvent donc pour moi presque exacerbées par le manque de liberté, mais si on doit répondre à la question, on s'en tiendra aux réponses du livre et de ses différents protagonistes, réponses universelles de cette grande question qu'est l'"utilité" de la lecture: lire est un acte de résistance, mais il s'agit aussi de résilience, de plaisir, de parenthèse, de parenthèse enchantée de divertissement, de consolation, de paix, de force, de volonté de garder la tête haute et ne pas laisser l'obscur envahir, arguments d'autant plus forts en temps de guerre... La lecture est à la fois bouée de sauvetage et arme pacifiste. Lire est l'arme et le bouclier. Rien de moins les gars. 

 

Ce roman est donc un roman épistolaire, tu sais le genre littéraire que t'apprends au lycée avec "La princesse de Clèves", celle qui a tant fait suer notre actuel président (je n'arriverai plus jamais de la vie à dissocier Sarkozy de la princesse de Clèves). "Le cercle littéraire..." est un roman qui se lit avec délice et volupté, un roman attachant et humain, vivant, drôle et émouvant (j'ai un peu versé de la larme, mais rien à voir avec le film "The descendants"avec Georges Clooney que j'ai été voir hier au ciné, et que j'ai terminé l'oeil rouge et gonflé comme par une conjonctivite ou un match de boxe, le mascara ayant coulé jusque dans la nuque, un film génial mais terriblement provocateur des glandes lacrymales, digression terminée, mais va voir ce film).

 

Ce roman a la particularité d'avoir été écrit à quatre mains par Mary Ann Shaffer décédée à 74 ans peu de temps après sa publication, et sa nièce Annie barrows: la première a été bibliothécaire et libraire et la seconde écrit des livres pour enfants. Oui une fois n'est pas coutume je ne t'apprends certainement rien, ce bouquin a fait grand bruit médiatique appuyé aussi par une quatrième de couverture signée d'un "Absolument délicieux" d'Anna Gavalda. Mais voilà je me disais qu'au cas où que imaginons que tu aies été enlevé par des aliens, ce qui est fort dommage pour toi car personne ne risque de te croire, et donc si tu n'as jamais entendu parler de ce bouquin, et bien tu peux considérer le lire. Publié en 2009 aux éditions NIL, tu le trouves aussi en poche chez 10/18.

 

Donc je reviendrai assez prochainement vous parler de l'autre livre en miroir, celui où la vilaine belle mère de Blanche Neige se regarde, et du "Pourquoi lire" de Charles Dantzig, je m'en prendrai accessoirement à Chloé Delaume et probablement je lui dirai qu'elle aille bouffer ses chauve-souris et qu'elle arrête de nous faire chier. Sur ce, amis de la politesse et très cher lecteur de l'ombre, je vous souhaite un divin WE, à essayer de ne pas vous cailler les miches mignon. 

 

PS: Je te rappelle un autre roman épistolaire tout à fait recommandable lui aussi "Les terres Saintes" d'Amanda Sthers. 

 

   

 


Ton opinion de lecteur de l'ombre - D'autres lecteurs de l'ombre
Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 15:56

 

  2012-02-01-18.18.40.jpg

Alors là me voilà bien embêtée... J'ai très moyennement apprécié le dernier de Bret Easton Ellis.

 

(Silence consterné de la foule en délire qui s'étrangle de terreur mêlé de dégoût de l'ingratitude de mon point de vue).

 

Je ne me sens presque pas la légitimité ni le courage d'assumer mon manque d'enthousiasme pour ce bouquin, je suis pourtant une sorte de lectrice assidue et plutôt conquise d'avance par l'écriture de Bret Easton Ellis comme avec "Lunar Park" par exemple, mais je ne me considère quand même pas une fan (sinon je serais une fan plutôt médiocre étant donné que je n'ai jamais lu "American Psycho" = les boules = la honte un peu).  Les vrais fans de toute la vie les Frédéric Beigbeder ou les Simon Liberati me vomiraient probablement dans la bouche (exquise image) de bouder ce dernier bouquin de Bret Easton Ellis, mais bon j'assume, moi je reste sur une sensation de "Mouais... bof...."  

 

Il s'agit de la suite, 25 ans après, de "Moins que Zéro", livre culte pour beaucoup dont moi. C'est un peu le "Requiem for a dream" de la littérature, mais le bad trip est en mode Los Angeles qui met en scène un groupe de jeunes californiens tous enfants de papa et cockés comme les narines de Jean Claude Vandamme, mais il s'agit aussi d'une merveille de poésie mélancolique et de vie désabusée d'une génération désenchantée.

 

Lire "Moins que zéro" pour moi a été une petite révolution, je devais avoir plus ou moins l'âge de passer le permis de conduire, je connaissais déjà les gueules de bois qui t'arrachent la rétine, et je crois que comme pour beaucoup ce livre m'a marqué. C'est aussi le livre qui a lancé toute une pléaide d'écrivains créant des personnages d'encre et de papier (ou plus souvent d'alter ego) plutôt fortunés avec une forte addiction pour les drogues dures  et menant une vie de patachon, il y a en a eu beaucoup à jouer sur ce registre dont certains me viennent en tête comme les premiers bouquins de Jaime Baily  ( " Ne le dis à personne", "La nuit est vierge"), Beigbeder et en gros tous ces premiers romans, Lolita Pill ("Hell"),  le petit dernier Sacha Sperling ("Mes illusions donnent sur la cour"), etc..., etc...

 

Dans "Suites impériales" on retrouve les héros de "Moins que Zéro": Clay, Julian, Blair et Rip, tous ont un lien avec l'industrie cinématographique. On reste dans le même décor: une Los Angeles déshumanisée, violente, des héros qui prennent du gin au petit déjeuner, mélancolie en intraveineuse, un univers où le futur a le sourire du diable...  Le héros, Clay, se retrouve embourbé dans une affaire de prostitution et de crimes, et l'histoire s'enfonce vers une ambiance d'orgie funeste, de paranoïa totale, et de thriller brouillon qui n'a pas su totalement me séduire, voilà tu peux me lancer de la moussaka pourrie au visage, j'assume mon point de vue.

 

Bon je sais que pour la suite de "Moins que zéro" fatalement on ne pouvait qu'entrer dans la noirceur, les personnages du bouquin ayant un background pas du tout ambiance la petite maison dans la prairie, alors c'était je dirais une suite logiquement escomptée. En fait mon problème à moi c'est que j'aime être surprise par les auteurs, j'aime qu'ils me bousculent un peu, et avec Bret Easton Ellis tu sais déjà à quoi t'attendre: reflet d'une société abjecte, ambiance "Life sucks", strass californien, sexe trash, drogue et panique-aliénation-obsession-schizophrénie, univers qui fait la signature de Bret Easton Ellis, certes, mais qui là pour le coup m'a lassé... En même temps je savais aussi à quoi m'attendre... 

 

Quand tu lis les critiques style Vogue, Nova ou les Inrockuptibles, temples de la hypitude, qui louent le semi-Dieu qu'est pour eux Bret Easton Ellis, faire l'effrontée et trouver l'auteur "répétitif" c'est forcément passer pour une grosse ringarde, pire une beauf, une sorte de nana qui met les "si "avec les "...rait", qui sert à tout va du "faut qu'elle voye" et qui porte des strings boulochés Snoopy ou Hello Kitty... Tant pis j'assume, condamnez-moi au supplice du chatouillement de la voûte plantaire sur l'autel de la branchitude. Fuck off. Ca m'a un peu gavé ce bouquin de Bret Easton Ellis.

 

Bon quand même si tu veux t'en faire un avis propre et subjectif il vient de sortir en poche chez 10/18.

 

Bien à toi mon très cher lecteur de l'ombre.

 

PS: Précisions: je ne porte plus de strings depuis 2003 (plus ou moins), et je suis presque aussi stricte sur les fautes d'orthographe/grammaire/conjugaison que Bernard Pivot (presque), et je rajouterai que je ne peux pas saquer Snoopy ou cette garce d'Hello Kitty sur du textile et encore moins sur des sous- vêtements d'adulte. Je voulais juste préciser ces détails.


Ton opinion de lecteur de l'ombre - D'autres lecteurs de l'ombre

Je me présente

  • Solenn ou Amber et des fois Josiane
  • le blog mescontemplationsetmesdigressions
  • J'aime les huîtres. J'ai cabossé ma voiture à cause d'une sotte histoire de gloss. Un jour j'ai été mordue par un berger allemand. Sinon ceci est un blog de livres.

Lectures du moment

      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai twitter comme Demi Moore

J'ai facebook comme Mémé

Si tu veux me dire un truc

Recherche

T'aimes ?

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés